Le Livershunt (PSS)


Quand on parle de Livershunt chez l’Irish Wolfhound, ils s’agit en règle générale du « portosystemic shunt ». Ces shunts sont décrits depuis déjà le début des années 80. Le shunt du Irish wolfhound est également connu sous le nom de « ductus venosus » persistant. La veine ductus est un vaisseau fœtal qui devrait se fermer endéans des 60 heures après la naissance afin que tout le sang passe par le foie. Ce vaisseau existe afin de faire passer du sang du tract gastro-intestinal vers la veine ombilicale.

Normalement, le sang venant de l’estomac, intestins, rate et pancréas passe vers le foie avant de continuer dans le système circulatoire. Le sang qui quitte le tract gastro-intestinal contient des nutriments, des hormones, des toxines et des bactéries qui sont normalement filtré par le foie. Si ceci n’a pas lieu et que ces substances restent de ce fait dans le système circulatoire, des signes cliniques apparaissent. De plus, vu que le foie ne reçoit pas assez de sang et nutriments et le taux de neurotoxines (ammoniac entre autre) va augmenter, ceci va provoquer une atrophie du foie. Des signes nerveux comme d’autres symptômes d’une insuffisance hépatique vont également se déclarer.

Les signes sont très variables. Certains chiots auront des problèmes comme un développement et une croissance moindre ainsi qu’une prise de poids difficile déjà à partir d’un âge tendre, d’autres vont grandir et grossir tout à fait normalement et sembler en bonne santé jusqu’à l’âge d’un an ou plus, dépendant du degré du shunt. D’autres symptômes sont encéphalopathie hépatique, léthargie, dépression, un état de stupeur ou désorientation, tourner en rond ou rester dans un coin, perte d’équilibre, épilepsie, anorexie, vomissement, diarrhée, soif exagérée, polyurie (urine trop abondante), dysurie (peu d’urines), sang et cristaux dans les urines. Ces symptômes s’aggravent quand un repas à haute valeur en protéines est donné. Certains des chiots affectés peuvent être opérés, chirurgie qui dévient de plus en plus performante. Sans chirurgie, cela se termine par une mort atroce du chien, mais souvent l’euthanasie est la seule solution.

La bonne nouvelle est qu’il y a effectivement des tests qui peuvent être effectués afin d’éviter qu’un chien atteint quitte l’éleveur et qu’un propriétaire s’attache à un chien condamné et ces test peuvent être pratiqué vers 7-8 semaines. Il y a soit un test simple sur l’ammoniac contenu dans le sang. Toutefois le sang doit être analysé dans les deux heures qui suivent, il faut donc obligatoirement avoir un vétérinaire près d’un labo, voir emmener les chiots en voiture et pratiquer les prises de sang devant le laboratoire. Il faut également savoir que le taux d’ammoniac est plus élevé chez le Irish Wolfhound que dans d’autres races (Rothuizen parle de 240 nMol ???). En cas de doute, on garde le chiot et on refait un test. Dans certains pays on commence aussi à tester les Deerhounds.

Il y a également le « dynamic bile acid test » où le temps ne joue pas et qui est souvent décrit comme le plus fiable. Les chiots sont testés après une période de jeune de 8 heures, nourris et à nouveau du sang est pris afin de voir les variations qui pourraient indiquer un PPS.

Si le résultat d’un deuxième test sanguin reste positif, il est conseillé de faire des examens plus poussés (radiographies, échographies, RMI) afin de confirmer les résultats, déterminer le dégrée du shunt et éventuellement envisager la chirurgie.

QUELQUES IDÉES REÇUES

Le Shunt se déclare uniquement dans les lignées de certains chiens comme Nash/Quincy.

Totalement faux, comme déjà dit, le shunt a été décrit bien avant et il y en a également chez des chiots issus de lignées totalement différentes. La seule chose qui diffère est que certains éleveurs n’ont pas honte d’en parler, collaborent même avec les chercheurs afin de trouver le mode de transmission. Le shunt n’est nullement une maladie honteuse, mais une des tares génétiques avec laquelle nous, les éleveurs (et pas les propriétaires), devons vivre.

Le Shunt se voit avant 2 mois.

Encore totalement faux, le shunt peut encore se déclarer bien plus tard, même vers 1 ans.

Je ne l’ai jamais eu, je n’ai donc pas besoin de tester.

Il n’y a que 2-3% de cas de shunt dans les Irish, on peut dès lors avoir une centaine de chiots avant d’avoir un cas… et le propriétaire se fiche bien des cent chiots libre de shunt, celui qui l’importe est bien le sien. De plus, il s’agit d’un vice caché grave, qui peut donc coûter beaucoup plus cher qu’un test.

Il faut exclure de la reproduction tous les chiens qui ont jamais donné un chiot PSS ainsi que tous leurs frères et sœurs de nichées.

Le mode de transmission génétique n’est pas encore connu, ce procédé est un peu excessif, mais il faut certainement veiller à retirer de la reproduction tout chien qui a effectivement un Livershunt, même s’il a été opéré avec succès.


Nous avons décidé de signer et distribuer cette feuille d’information, par soucis de la race. Nous profitons également de l’occasion pour rappeler à tous les éleveurs que le fait d’être honnête entre nous et surtout aussi avec nous-mêmes est primordial afin de préserver et peut-être améliorer cette race qui nous tient tant à cœur, d’oublier notre petite gloire, arrêter d’avoir peur de nuire à notre réputation, mais d’en parler ouvertement et en plus ôter la possibilité aux autres de le faire derrière notre dos.

Nous savons tous que les lignées exemptes de tout problèmes n’existent pas et que si c’était si facile de produire que des beaux chiens sans aucun problème, avec une longévité de 12 ans et plus, nous le ferions tous. Le Livershunt est encore le moindre problème, car on peut le tester.

Gary Janssens Dr. Regine Vandamme Konstanze Somerhausen
Of Kilmara Of First Avenue Of Our Valley



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